Les foulées du Gois, une course contre la mer

Beauvoir-sur-mer, 12 juin 2016

De retour en Vendée pour quelques jours, j’en ai profité pour céder de nouveau à l’appel du dossard.

Foulees du Gois

Après la course des 2 plages, pour relier Saint-Gilles-Croix-de-Vie à Brétignolles-sur-mer, je choisis de nouveau de m’attaquer à une course atypique pour ce parcours qui se situe sur le passage du Gois, un passage submersible qui est totalement recouvert quand la marée est haute. Il ne fallait donc pas traîner sous peine de finir à la nage…

C’est de nouveau sous l’influence de ma binôme que j’ai cédée à la tentation du dossard et c’est encore grâce à ma photographe et supporter hors paire de maman que je peux vous proposer un compte-rendu illustré de cette course assez unique en son genre.

Passage du Gois

Les foulées du Gois – 30ème édition

Les Foulées du Gois, c’est une course où les coureurs sont non seulement en concurrence les uns avec les autres mais ils se battent aussi contre la nature car c’est sur une chaussée submersible, reliant l’île de Noirmoutier au continent, qu’elle se déroule. Mise en place il y a maintenant 30 ans, cette course devenue très populaire, est l’occasion de faire découvrir la Vendée et ses sites de pleine nature. Après le très célèbre Vendée Globe, c’est au tour de la course à pied de mettre en avant les paysages vendéens.

foulees du gois 2016

Bien entendu, il n’est pas donné à tout le monde de courir plus vite que la marée et de pouvoir traverser « la route sous la mer » en même pas 15 minutes (le gagnant élite cette année, Mohammed Moussaoui, termine en 12’09 !!), la course contre la marée montante sur les mythiques pavés du Gois est donc précédée par des courses dites populaires, sur une chaussée totalement découverte.

foulees du gois 2016

Courses populaires

La chaussée n’étant pas très large, et le parcours étant un aller-retour, tous les coureurs ne peuvent pas prendre le départ en même temps. L’organisation a donc décidé de découper la journée avec plusieurs courses.

  • 16h00 – Course n° 1 – « Eveil et Poussins » – 900 m
  • 16h20 – Course n° 2 – » Benjamins et Minimes » 2400 m
  • 16h45 – Course n° 3 – » Populaire Hommes » 8000 m
  • 18h00 – Course n°4 – « Populaire Femmes » 8000 m
  • 19h50 « Course contre la mer » – 30 Athlètes sélectionnés

Comme on est un petit groupe mixte à être inscrit, on arrive sur le site vers 16h. L’organisation au niveau des parkings est top, tout est bien banalisé et les bénévoles souriants. On se gare dans le champs transformé en parking pour l’occasion et on se dirige vers le tentes pour le retrait des dossards. Aucune attente, on se munit de nos précieux sésames et on remarque que certains d’entre nous ont leurs noms d’inscrits, d’autres non, c’est dommage mais pas indispensable, on le rajoute au stylo et hop le tour est joué. On reçoit aussi un T-shirt, même taille pour tout le monde. Débardeur pour les filles, avec manches pour les gars. La petite surprise du jour, l’entrée pour les supporters est payante. 2 euros par personne pour accéder au Gois, ce que nous n’avons pas trouvé cool d’autant que rien n’était annoncé sur le site de la course et surtout tout le monde ne pense pas à apporter de la monnaie.

Foulees du Gois _ Tenue

On décide de grimper sur la butte et on se pose sur les gradins de pierres pour pouvoir supporter les garçons sans avoir à marcher dans le sable. Maman avec son appareil photo avance sur le chemin et trouve un poteau où elle peut se percher pour ne rien rater de la course et faire de belles photos. L’ambiance est top, musique sur le départ et des spectateurs prêts à donner de la voix le long du passage. En plus le soleil décide de faire son apparition et décime quelque peu les nuages menaçants.

Foulees du Gois 2016 _ Hommes
Le départ est impressionnant, 1200 hommes qui s’élancent pour rejoindre l’île de Noirmoutier et revenir à l’arrivée au plus vite. Les premiers se démarquent très vite et on peut suivre leur progression sur un écran géant grâce aux ostréiculteurs qui mettent leurs chalands à disposition des médias. A peine 25 minutes plus tard, le premier franchit la ligne, suivit de près par le second. Leurs performance est impressionnante, j’aimerai être aussi rapide mais je sais que pour moi, la course va durer au moins le double de leur temps. On récupère nos garçons, contents de leurs courses et qui nous mettent en garde contre le vent qui souffle très fort, notamment du côté droit, ainsi que contre les passages en pavé qui sont assez glissants.

foulees du gois 2016

Il est bientôt 18h, c’est l’heure de prendre place pour le départ. On est un peu décontenancé car ils annoncent le départ des joëlettes, on se dit qu’on a le temps mais on va quand même se placer dans la foule féminine, pour ne pas se retrouver tout à l’arrière du peloton, et finalement on a bien fait car on partira seulement quelques minutes après les coureurs handisports. On est toutes serrées, et le stress commence à monter. Cette fois, pas question de se laisser emporter, on décide de commencer la course ensemble et on verra au retour pour celles qui se sentent pousser des ailes.

Foulees du Gois _ Depart femmes

Foulees du Gois _ Depart femmes

3-2-1 c’est parti ! Enfin presque. Il nous faudra bien 30-40 secondes pour commencer à avancer. Je mets mon appli en marche et la range dans ma poche arrière même si je ne suis pas encore sous l’arche de départ. Pas envie de ranger mon téléphone en mouvement. Cette fois je fais bien attention de le bloquer pour ne pas appeler quelqu’un pendant ma course, car oui, je ne vous ai pas raconté la Course de la Résistance de Grenoble où mon téléphone a cru bon d’appeler ma maman au 3ème kilomètre. Je vous laisse imaginer ma tête et celles des autres autour de moi quand j’ai dit bien fort « maman ? », genre la fille à une révélation pendant qu’elle court ahah. Bref, c’est le moment de partir et c’est assez laborieux.

KM 1-2 : On piétine et on part en sous-régime. Difficile de doubler et de se frayer un passage entre les autres filles. En plus, on est irrémédiablement attiré par le côté gauche, celui où le vent souffle encore plus fort. Ma binôme se bat avec sa casquette qui s’envole et on alterne entre accélération et tentative de trouver son rythme. Au passage du 2ème kilomètre, on fait de grands coucou à maman, ça sera un bon point de départ pour accélérer au retour.

KM 3-4 : On commence enfin à pouvoir dérouler les jambes. Seul problème, le vent qui nous arrive en pleine face et qui nous donne l’impression de faire du sur-place. Je commence à me dire que faire les 8 kilomètres en moins de 50 minutes va être difficile, j’ai l’impression de stagner. Ma binôme elle se tape un point de côté, j’avance devant pour essayer de la booster un peu. On arrive sur un long passage de pavés glissants. On est déjà presque à mi-parcours.
Les coureurs handisports, suivit de près par les 1ères filles, sont déjà sur le chemin de retour. En voyant la solidarité, le peps et la bonne humeur de ces personnes à capacités réduites qui nous croisent sur le parcours, j’ai un sentiment de joie et de fierté. Je trouve ça vraiment génial de partager ce moment avec des personnes en fauteuils ou non voyantes par exemples qui surpassent leurs handicaps pour faire de super performances. Et je me dis que 1) j’ai de la chance de pouvoir courir, que 2) le jour ou je serais plus à l’aise avec la course à pied, j’adorerais être de la partie et moi aussi jouer un rôle dans la course de ces gens. Et 3) ça me booste comme pas possible à continuer de courir car j’ai la chance de le pouvoir contrairement à d’autres et que je dois en profiter même si ce n’est pas facile.

Foulees du Gois _ Handisport

Foulees du Gois _ Contre la mer

KM 4 : Enfin le bout du passage et l’arrivée sur l’île de Noirmoutier. Le temps de boire une gorgée d’eau, j’ai perdu ma binôme qui est déjà repartie sur le retour. Hop je la rattrape et cette petite accélération me donne la pêche. Je décide de garder ce rythme et passer devant en espérant qu’elle me suive.

KM 5 : Je suis désormais seule. Le vent souffle toujours mais moins fort et l’air est plus chaud. Je prend un rythme de 10km/h environ et je me surprends à avoir un bon souffle et de bonnes jambes. J’ai eu une frayeur de  fourmis dans le pied mais je réussie à corriger ma foulée pour ne plus trop taper sur les talons et la sensation passe rapidement (ouf). Je me fais doubler par 2 filles qui courent côte à côte et je décide de les accrocher pour essayer de passer devant une fois l’arrivée en vue. Nan mais, on ne me passe pas devant comme ça ahah.

KM 6 : Je repère le poteau où ma mère se trouve, cool, l’arrivée n’est plus très loin. Sauf qu’une fois bien en vue, sa silhouette n’apparaît pas. Je me dit qu’elle a du se rapprocher de la ligne mais ça me donne un gros coup de mou. Heureusement j’entends un souffle tout près de moi, ma fierté reprend le dessus, impossible de me faire dépasser maintenant. En plus c’est les derniers kilomètres, il est temps de se dépasser et d’essayer d’accélérer encore un peu. Et là, la voilà ! Je m’étais trompé de poteau, je reprends du poil de la bête, je fais des grands coucou et la masse de supporters et d’applaudissent s’intensifie.

Foulees du Gois

Foulees du Gois

KM 7 : L’ambiance est géniale ! Les supporters nous encouragent, les enfants tendent leurs mains pour qu’on tape dedans. Toute cette effervescence de bonnes ondes ça booste tellement ! L’arche d’arrivée n’est plus très loin. Je décide de sprinter. La fille qui souffle fort et me talonne depuis quelques kilomètres me suit mais très vite je ne l’entends plus. Je me dis que j’ai peut-être accéléré trop tôt, pas grave, je donne tout je respirerai à l’arrivée. Je dépasse une dizaine de participantes dont celles du KM 5. Je vois qu’une autre fille me repère et se met à sprinter aussi pour ne pas se faire dépasser. Mon esprit de compétition et le chrono qui va afficher les 49 minutes me permettent de faire un sprint dans mon sprint, je donne tout et je réussi à la dépasser à 2cm de la ligne. Gros moment de fierté intérieure et elle fair-play me tape dans le dos à l’arrivée. Ce regain d’énergie et ce dernier kilomètre en 4’40 (un record pour moi) n’aura pas fait du bien à mon pauvre estomac. Je file me planquer derrière un camion au cas où j’aurai le malheur de vomir. Heureusement ça n’est pas arrivé, ouf. Je réussie à reprendre mes esprits assez rapidement, le temps de retourner vers la ligne pour filmer l’arrivée de ma binôme.

Foulees du Gois

On se félicite et on avance vers les ravitaillements. Grosse déception de ce côté là, il n’y a quasiment plus rien. Je prends une bouteille d’eau (d’ailleurs c’est quoi ces nouveaux bouchons tout nuls ?) et je laisse tomber le sucre, et les pruneaux secs dont je ne raffole absolument pas. On rejoint nos 2 autres acolytes qui ont terminées pas loin devant nous. Sur mon application, s’affiche un temps de 48’50. Au chrono officiel, je me classe 463ème sur 1000 participantes annoncées avec un temps de 49’24, autant vous dire que je suis bien contente et que ça me donne envie de prendre le départ de nouvelles courses. Un peu de regret de ne pas avoir pu prendre un meilleur rythme au départ, j’aurai pu faire mieux je pense mais aucun regret sur ma gestion de la course, avec un temps au kilomètre qui n’a fait que de diminuer au fur et à mesure. Et en plus, cette fois j’ai pu faire une partie du parcours en duo et ça c’est quelque chose qui me motive d’autant plus.

Foulees du Gois

On debrief sur nos courses respectives et on se dirige vers les gradins. Malheureusement le vent se fait beaucoup plus ressentir après l’effort et on a peur d’attraper froid si on attend le départ de la course élite dans 45min-1heure. On rejoint donc les voitures et on discute déjà d’une prochaine course toute ensemble. Pourquoi pas la Course de l’éléphant, une course nocturne à Nantes ?

Et pendant qu’on roule, la marée qui avait déjà commencée à monter lors de notre course, est fin prête à faire la course avec les 30 coureurs sélectionné pour le véritable spectacle. On verra quelques images sur France 3 en rentrant et je suis bien contente de ne pas avoir du courir avec de l’eau jusqu’aux genoux.

Foulees du Gois _ Course Elite

Si je ne suis toujours pas une fusée, je prends de plus en plus de plaisir à courir et surtout je commence à me connaître un peu et à force d’entraînements et de courses officielles, je pense réussir à mieux gérer mes courses. Difficile, en effet, quand on est novice de ne pas partir trop vite et bien se caler pour ne pas manquer de souffle avant la fin ou au contraire de partir trop lentement et terminer la course avec de l’énergie à revendre. En tout cas, c’est toujours du plaisir de partager ces moments entre amis et de tout donner pour battre ces petits records personnels. Mine de rien, plus ça va et mieux ça va alors cette fois je vais essayer de ne rien lâcher et continuer, d’autant que ma petite soeur, boostée par l’ambiance des courses s’est mise elle aussi à la course à pied. Vivement une course avec elle.

Que pensez-vous de ce concept de course « contre la marée » ?
Vous seriez tenté 
d’y participer ?

 A très vite.mavielabas-running

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