[Run in Lyon] 21,091km mon premier semi marathon !

Lyon, 1 octobre 2017

C’est le coeur tout frétillant et l’ego fièrement reboosté que je viens vous faire un nouveau compte-rendu. Et pas n’importe lequel, celui de mon premier semi marathon ! Je l’avais écrit sans vraiment trop y croire dans la liste de mes défis sportifs pour cette année 2017 et puis une course en entraînant une autre, un groupe de filles motivées et une volonté de fer ont fait que … je me suis lancée ! Allez, comme d’habitude, je vous raconte tout ça !


mvlb semi marathon run in lyon medaille

Le semi marathon. 21,091km. Un peu plus de 2h de course (à mon niveau bien sûr). Olala, non, c’est trop long, ce n’est pas pour moi. Et pourquoi pas ? Bon ok … allez, on prend le pari fou d’arriver au bout et on continue sur la lancée des bonnes sensations retrouvées grâce aux triathlon de Thonon-les-bains où un grand sourire et un plaisir pur m’a accompagné tout au long de ces 3h28 d’efforts sous la pluie et la grêle.

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– Une prépa en demie teinte –

En juillet, le rendez-vous est pris, l’inscription validée et le dossard n’attend plus qu’à être épinglé.

L’union fait la force. Pour me motiver et m’accompagner dans mes entraînements, j’ai la chance d’être bien accompagné. Les copines, que vous avez pu retrouver sur plusieurs de mes courses, sont aussi de la partie. Petits défis supplémentaires, Chloé et Clémence se lancent dans la préparation de leur 2ème marathon (l’une le courra à Lyon, l’autre Nice-Cannes), Jess les accompagne pour, à son tour s’attaquer à la distance mythique. Marion et Johana comptent bien améliorer leurs temps sur semi alors que Chloé et moi, on n’aspire seulement qu’à terminer. Marion et Tatiana quant à elles sont là pour nous épauler et en baver avec nous sur les séances de fractionné et les sorties longues du weekend. Vous l’aurez compris, ce semi, ça va être du lourd et on va arriver au top de la forme…

Le naturel revient au galop. …Enfin ça, c’était dans la théorie. En pratique, j’ai été fidèle à moi même et je me suis bien relâchée cet été. En étant en vadrouille la quasi totalité des deux mois, j’ai eu du mal à suivre mon plan d’entraînement. C’est donc un peu stressée et au ralenti que j’ai ré-attaqué la prépa. Heureusement pour moi, je suis bien entourée et les quelques séances casées par ci, par là ont réussi à me garder un peu en forme.

Ne pas baisser les bras. Septembre a donc été le mois de la remise à niveau express et de tous les rebondissements. J’ai expérimenté les crampes, j’ai eu des jambes qui répondaient bien puis qui ne voulaient plus avancer, j’ai été découragé, j’ai douté mais on m’a reboosté, on a découvert de nouveaux parcours, on a aussi pris les excuses des sorties longues pour se faire des brunchs bien gourmands, on a enchaîné les fractionnés longs, en côtes, courts et les footing de récup’. Bref, on a mis toutes les chances de notre côté pour réussir nos challenges respectifs et ça m’a permis de partir un peu plus rassuré que je ne l’étais fin août.

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– Run in Lyon  –

run in lyon semi marathon octobre 2017

– J-1 –

Samedi midi, départ pour Lyon. Dans le bus qui nous emmène au village pour retirer les dossards, on check 50 fois la météo qui semble se détériorer au fil des kilomètres, on révise les temps de passages pour certaines, on tente la méditation pour les autres mais surtout, l’excitation est à son comble et on n’a qu’une hâte, en découdre !

Il pleut, il y a du monde, on se cogne contre les parapluies des uns, on essaie d’éviter les flaques, nos chaussures se teintent avec la terre orange, mais la file avance rapidement et en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, on a toutes récupéré nos dossards et nos packs coureurs. Dans un tote bag en tissus, de la pub, des bonbons, un truc éponge pour le poignet, un stylo, un T-shirt à récupérer un peu plus loin avec nos distances respectives et pour les futures marathoniennes, des sacs de sport en toile très mimi. Pour le prix, disons que le contenu est plutôt light mais bon, des médailles nous attendent à l’arrivée (si tout va bien), on a notre nom sur le mur des coureurs, et les ravitos seront bien conséquents. Surtout, on n’est pas là pour les cadeaux mais bien pour relever nos défis personnels et se dépasser !

Afin d’éviter de trop piétiner et surtout d’attraper la crève avec ce temps, on rentre pour se sécher, se réchauffer, préparer nos race packs pour demain matin et déjà, il est l’heure de se retrouver pour la fameuse pasta party. Entre nous, c’est plutôt une bonne excuse pour se retrouver tous ensemble et fignoler les petits détails pour se retrouver le lendemain car en soi, le repas n’était pas tip top (big up aux pâtes ultra épicées des filles qui étaient censées ne pas être piquantes..). Histoire d’éviter les mauvaises surprises sur la course, on fait l’impasse sur les desserts et on fil au lit, des rêves pleins la tête et l’estomac qui commence un peu à se contracter (le stress arrive).

semi marathon run in lyon J-1

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– Jour J : 21,091 km –

Réveil matinal histoire de prendre un petit déjeuner qu’on aura le temps de digérer avant le départ. A 8h, on se retrouve tous devant les consignes et après une pause pipi, chacun rejoint son SAS. Pour ma part, c’est le rose qui m’attend, le dernier. Si les filles ont changé hier pour accéder au départ d’avant, j’ai préféré garder le mien, sachant que je ne terminerais pas en moins de 2h05. Je ne suis toujours pas fixée sur un rythme, ni sur un temps à viser, je préfère profiter et voir suivant le feeling

– Le départ –

On y est ! Après un petit échauffement commun dans le sas, une tentative infructueuse de calmer nos coeurs qui battent la chamade par l’appréhension d’une course aussi longue, le départ est donné. Avec Chloé, on décide de tenir un rythme entre 6′ et 6’30/km. On prend large mais on ne veut ni partir trop vite ni descendre trop bas. Le parcours est assez simple. Une ligne droite le long des quais qui longent la Saône, le pont Paul Bocuse avec une petite montée qui nous permettra de traverser et reprendre les quais d’en face pour redescendre vers le quartier de la Croix-Rousse et le fameux passage de 2 km sous un tunnel. Le tunnel, c’est d’ailleurs notre repère. Une fois qu’on en sort, il ne restera plus que 3 petits kilomètres. Autant dire rien du tout après les 17 qu’on aura parcouru avant. Petit mémo aussi, ne pas s’enflammer quand on verra la Place Bellecour, il y a quelques virages serrés à parcourir avant d’enfin franchir l’arche.

– Le semi marathon –

Comme à chaque fois, voici un petit point en fonction des kilomètres. Par contre, il est fort possible que tout se mélange un peu, les sensations étant tellement intenses tout au long de ce premier semi marathon :

KM 1-2 : Sur les 2 premiers kilomètres, impossible d’avancer, on trottine et on slalome entre les participants. Ensuite, je me cale sur Chloé, mon garde fou qui réfrène mon envie de partir trop vite car j’ai peur de m’emballer et d’en payer le prix fort quelques kilomètres plus loin. Ca me fait un bien fou de pouvoir compter sur elle. Très vite, on repère 2 licornes parmi la foule de coureurs, elles seront notre objectif tout au long de la course : ne pas les perdre de vue !

KM 2-5 : A deux, le temps passe beaucoup plus vite. Sans même s’en rendre compte, on a déjà parcouru 5 km. Plus que 15 + 1 à faire ! De l’autre côté des berges, on aperçoit les coureurs des SAS précédents qui sont déjà sur le retour. On les regarde avec envie, bientôt, on sera à leurs places et on verra presque la ligne. En attendant, on profite d’une météo idéale, des fanfares le long du parcours, des spectateurs qui nous encouragent, on peste un peu contre les montées/descentes créées par les ponts et qui rendent le parcours finalement un peu plus vallonné que prévu. D’ailleurs, c’est un point qui m’a un peu fait tiquer. Très vite, beaucoup de coureurs marchent et ce, surtout dans ces mini-montées de quelques mètres seulement. Mon ego était fier de ne pas éprouver ce besoin de marcher mais mon esprit se demandait comment ces personnes allaient faire pour parcourir autant de kilomètres si dès le départ, déjà, elles se laissaient corrompre par les bosses…

KM 5-10 : Le premier ravito est passé, ni Chloé, ni moi, n’avons senti le besoin de s’arrêter. On avance lentement mais sûrement vers notre prochain objectif, les 10 km. Je me sens super bien, les sensations sont bonnes, j’ai un grand sourire et j’essaie de communiquer ma bonne humeur en papotant avec les autres coureurs qui nous entourent. On fera la course avec quasiment toujours les même personnes autour de nous. Deux filles aux T-shirts verts devant, un couple à nos crochets, une fille qui court son second semi marathon de Lyon avec pour objectif de faire 2h15 soit un peu mieux que le premier, un viking qui a piqué le maillot vert qu’on mettait à l’école pour se différencier de l’autre équipe, une fille qui a le même pantacourt que Chloé, etc.

semi marathon run in lyon 2017

KM 10-15 : Le pont Paul Bocuse est en ligne de mire. On a quasiment fait la moitié, ça fait 1h04 qu’on court. Tout va toujours bien. Aucune douleur a déplorer à part un frottement dans le dos à cause de mes écouteurs (qui ne m’auront pas du tout servi), j’ai une allure footing tranquille, mon coeur ne s’emballe pas, je ne souffle pas comme un buffle. Je pense à accélérer mais je vois que Chloé peine à me suivre. On a commencé ensemble, elle m’a bien aidé sur la première partie du parcours pour que je gère mon effort, à moi de la pousser et de la motiver jusqu’au bout. Je fais donc le choix du partage, de la continuité de nos entraînements et du plaisir à ce moment fatidique où plus d’un s’arrête pour marcher dans cette petite côte qui casse les jambes. On attrape une bouteille d’eau au vol mais on continue de courir pour ne pas casser notre rythme. On se perd un peu de vu avec le cafouillage des ravitos, à slalomer entre les coureurs, les peaux de bananes, les bouteilles vides…

KM 15-19 : Les panneaux des kilomètres défilent, mon moral est toujours au beau fixe et j’ai toujours ce sourire accroché aux lèvres. Je me sens tellement bien, j’ai du mal à y croire moi même. Ce rôle de lièvre me plaît bien, je prends mon rôle très au sérieux pour ne pas perdre Chloé et la tirer au maximum. On profite des fanfares pour rebooster notre rythme, on double quelques coureurs et surtout, le tunnel qui annonce la quasi fin du parcours est là. C’est le moment le plus glauque du semi marathon. On s’enfonce dans un tunnel peu éclairé et surtout, on se sépare des coureurs du marathon qui ne sont pas nombreux de l’autre côté de la barrière. Les montres ne captent plus et beaucoup prennent cette excuse pour marcher le long de ces 2 kilomètres. Moi, au contraire, j’en profite pour allonger un peu la foulée mine de rien et je rassure Chloé. Dans moins de 30 minutes, on arrive. Dans moins de 30 minutes, on sera semi marathonienne. Dans moins de 30 minutes, on aura couru une distance jamais parcourue alors. Dans moins de 30 minutes, on peut encore être sous les 2h17, cet objectif qui nous importe et qui voudrait dire que l’on n’a pas dépassé notre limite des 6’30 le km, malgré un début au ralenti à cause du monde.

Quand on sort de ce tunnel qui nous a paru, avouons le, plutôt interminable, on prend une bonne bouffée d’air frais. On est un peu aveuglé par la lumière vive mais surtout, il ne reste que 3 kilomètres !

KM 19-21: Olala, 3 kilomètres seulement et on y est. Forcément, j’ai les jambes qui démangent, d’autant que le public est de la partie. On est encouragé de tous les côtés, des enfants nous tapent dans les mains, on entend des allez à tout va, des bravos Cam-Cam ! et Go le Piou ! C’est tellement grisant comme sentiment. On se prend pour des championnes alors qu’au final, on ne fait rien d’exceptionnel, juste courir et avancer. Notre rythme s’accélère. On n’y peut rien, on est porté par toute cette ambiance et surtout, on arrive vers Bellecour. On enchaîne les changements de direction mais plus on avance, plus le public se ressert autour de nous et plus le bruit devient important et les encouragements virulents. Quand on commence à se demander si ce semi marathon a une fin, on l’a voit, là, pas loin, l’arche ! Et surtout, on entend Marion et Johana qui nous appellent, elles sont à fond et nous on a toujours notre grand sourire. Je regarde ma montre et je dis à Chloe, allez on sprint on peut peut-être passer en 2h15 !

KM 21,1 : Le sprint final, la dernière ligne droite, ce moment de pur plaisir et de fierté quand tu sais que tu l’as fait. Dans l’euphorie, j’ai perdu Chloé mais elle est là, juste derrière moi et on se sert dans les bras, on l’a fait !! Tu te rends compte, on a terminé, sans marcher, sans souffrir, à deux, avec le sourire. Quel bonheur ! La notre indique 02:16:09. Le 2h15 est raté d’un chouille mais franchement, rien à faire, le chrono, ce sera pour la prochaine fois, car oui, une prochaine, il y en aura une.

Pour marquer le coup, des médailles nous sont passées autour du cou. Une médaille, le truc kitsch mais qui fait tellement plaisir car elle symbolise notre progression et note notre petite victoire personnelle. Et puis, je dois bien avouer, j’ai adoré la porter toute la journée comme un petit totem, un signe que oui, je peux le faire et qu’avec de l’entraînement et de la volonté, tout est possible. 

run in lyon semi marathon marathon medailles

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– Le juste après course –

Notre joie se lit sur nos visages. On retrouve les filles qui nous sautent dans les bras. Elles sont supers fières de nous et ont adoré nous voir avec ce grand sourire et ensemble pour passer la ligne. Pour elles aussi, ce semi a été une réussite, elles ont couru une bonne partie ensemble et ont battu leurs records respectifs. On est surexcité et on n’a qu’une hâte, retrouver Jess et Chloé pour partager tous nos ressentis ensemble. Mais avant ça, Paul, le petit frère de Marion arrive comme un flèche, il pulvérise son temps sur 10 km et signe le départ pour le ravito final.

Impossible pour moi de manger quoi que ce soit malgré la profusion de choses disponibles. Par contre, je bois, j’ai couru avec ma bouteille d’eau quasi pleine pendant 11 kilomètres, en ayant bu seulement quelques gouttes. L’eau de coco ultra fraîche est donc la bienvenue et je vide plusieurs petites bouteilles. J’en profite aussi pour aller vider ma vessie, pleine depuis les premières minutes de ce semi. Heureusement, j’ai réussi à faire abstraction et ça ne m’a pas vraiment gêné (ouf). On se pose, on reprend des forces et très vite, on se remet en route pour rejoindre le KM 40 du marathon et y attendre les copines.

semi marathon 2017 run in lyon

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– La petite course bonus –

Les cuisses tiraillent un peu mais pas plus que ça et on compte bien accompagner nos futures marathoniennes sur leurs derniers kilomètres. On attend, on encourage les courageux qui en auront eux aussi bientôt fini et on bouillonne d’impatience sur place. Elles sont où ? Là ? Non, pas encore. Ah, là ? Non, si ! Là, là !! On crie comme des folles. Jess vient d’arriver, Chris, son copain la suit de près sur son vélo. Marion est dans les starting block. Quelques larmes de joie coulent et hop, la première vague part vers la victoire. Avec Johana, on attend Chloé qui arrive à peine quelques minutes derrière. Elle est toute joie de nous retrouver et nous toutes excitées et émues de la voir. On part comme des flèches et on la porte jusqu’à la ligne, allongeant la foulée au fur et à mesure. Dès que j’aperçois l’arche, je dis à Chloé, regarde, elle est là, allez !! On entame un sprint final mais je dois me décaler pour laisser passer un autre concurrent. Pas grave, je me colle derrière Chloé et je donne de la voix pour qu’elle ne faiblisse pas. Elle l’a fait, elles l’ont fait !! 42,195 km !!! Marathoniennes, wahou !

Je vous épargne tous les détails qui ont suivi mais en vrac c’était brunch au Konditori, des photos pour immortaliser, un débrief de nos courses et nos ressentis et tout le tralala. Je vous laisse imaginer notre état d’excitation, de joie, de plaisir, de fierté, de bonheur, bref tout un tas de sentiments tous plus heureux les uns que les autres et cette sensation d’être sur un petit nuage.

Le petit mot de la fin : Yipiiii !! j’ai réussi et tout ça avec le sourire et des sensations au top. Je n’ai qu’une envie, maintenant que j’ai appréhendé ma peur de la distance et que je sais que je peux le faire, recommencer et donner le meilleur de moi pour faire péter le chrono cette fois-ci. La grande question maintenant est où vais-je retenter l’expérience ?

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 Avez-vous ou pensez-vous courir un semi marathon ?
Vous aimeriez découvrir le CR des filles sur leurs semi et leurs marathons ?

A très vite. 

4 comments Add yours
  1. C’est tellement kiffant de revivre ça ! Je suis vraiment fière de toi Camille et très heureuse d’avoir pu franchir la ligne d’arrivée de ce 2ème marathon avec toi 🙂 Vivement les prochaines courses et le semi-marathon de Lisbonne !

  2. Encore un compte-rendu génial, j’ai eu l’impression de vivre la course avec toi aha, pour moi le semi c’est au printemps prochain, j’aurais aimé cette année, mais je n’ai pas pu. Tant pis, j’ai de quoi rester motivé cet hiver au moins !
    Mon seul regret, c’est de ne pas avoir de personnes avec qui partager ce genre de courses, mes amies ont horreur du sport, et j’habite dans une trop petite ville pour que des « groupes de course » se forment…dommage !

    A très vite !

    1. Merci, j’adore partager mes courses par écrit, ça me remémore trop la course 🙂
      Tu habites où ? c’est clair que c’est chouette de pouvoir partager tout ça avec un groupe motivé et motivant, ça aide à bien se dépasser.
      J’espère que ton semi va bien se passer, j’ai hâte que tu nous raconte et bon courage pour ta préparation, les fractionnés tout seul c’est jamais très fun mais ça aide beaucoup.. A bientôt !

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