Trisalagou : Triathlon XS du lac du Salagou

Lac du Salagou, Juin 2017

J’ai une confession à vous faire, je crois bien que je suis devenue accro. Quelques jours avant mon premier triathlon je vous disais que j’avais un peu peur à l’idée de me lancer dans le triple effort. Moins d’un mois après Echirolles, me voilà de nouveau à enchaîner les 3 sports dans un cadre absolument sublime. Retour sur ma participation au Trisalagou !


trisalagou XS mavielabas

Pour ce second triathlon, c’est d’abord le cadre magnifique qui nous a séduit. Ayant habitée un an à Montpellier, je connaissais le lac du Salagou. Avec sa terre rouge et son lac où il fait bon se baigner, on n’a pas hésité très longtemps, avec Chloé, à s’inscrire quand on a vu que la 4ème édition se déroulerait en juin. Si vous vous souvenez bien, je vous en avais d’ailleurs parlé dans mes défis sportifs 2017.

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– Trisalagou XS –

Avec une première édition en 2014, le triathlon du Salagou, ou trisalagou comme on l’appelle, attire de plus en plus de triathlètes. Et pour cause, le cadre offert par le site laisse rêveur. La distance phare est le parcours L avec 1,8k m de natation, 80 km et 1 380m de D+ de vélos et 18 km de course à pied dans les terres rouges. Vous vous doutez bien que pour notre 2ème fois, nous n’allions pas nous lancer dans des distances aussi longues. N’ayant pas de VTT mais des vélos de route, nous avons donc jeté notre dévolu sur la version XS (300 m de natation, 8 km de vélo et 2,5 km de course). Départ de ce triathlon express prévu le samedi 10 juin à 17h30.

Si on s’est inscrite à 2 pour prendre le départ de cette course, c’est cette fois en solo qu’il faudra la courir. Chloé (avec qui j’ai fait le triathlon S d’Echirolles en équipe) et moi ayant à peu près le même niveau, on pense tout de même se voir très souvent sur le parcours et finir dans les même temps, ce qui est rassurant. Mais avant de prendre le départ, il faut s’installer. Une heure avant le GO, on arrive sur le site.

trisalagou parcours XS

trisalagou preparation depart

– Préparation –

Première impression : il fait super chaud ! La chaleur nous a un peu ramolli mais on est toute excitée à l’idée de courir notre deuxième triathlon. Le village de départ est animé, il y a des stands un peu partout, de la musique et on voit quelques arrivants du L en finir. Plus de 6h d’efforts sous cette chaleur, bravo !

On retire nos dossards en quelques secondes et on récupère nos cadeaux. Pour une inscription à 17 euros, on est drôlement gâtée. Un T-shirt, une bouteille de vin, un bonnet de bain Zerod, un produit PowerBar et un sac en toile, on est aux anges. On colle notre numéro sur le vélo, on enfile notre dossard, casque sur la tête et on se dirige vers le PAV (Parc à vélos). On arrive devant notre emplacement et nos regards en disent long. Euh… comment faut accrocher le vélo là ? Ca commence bien… Finalement, un petit coup d’oeil derrière et on comprend qu’il faut le suspendre par la selle. Organisation de notre caisse pour les transitions, remplissage des gourdes avec de l’eau fraîche, dernier coup d’oeil sur l’emplacement pour éviter de se perdre et on retourne rejoindre le papa de Chloé venu nous encourager.

Petit problème, le sol du PAV est recouvert de petites boulettes piquantes et je suis pieds nus. Et oui, mes précieuses chaussures sont dans la caisse et m’attendent pour la partie course. Un tapis aurait été le bienvenu pour mes pieds douillets. Je ne suis qu’au début de mes douleurs pédestres, puisqu’on est censé retourner se changer à la voiture. Goudron + soleil = sol brûlant. Impossible pour moi de continuer à avancer. J’enfile donc ma trifonction sur le village et je remets mes affaires à la prévoyante Chloé qui a eu la bonne idée de prendre des tongues (je note pour le prochain).

Il reste un petit quart d’heure avant l’heure fatidique. Après s’être renseigné sur le sens de circulation pour le départ du vélo puis de la course, on rejoint le lac. L’eau si turquoise dans mes souvenirs est un peu moins accueillante après avoir été brassée par de nombreux triathlètes ce matin et 450 autres actuellement en train de prendre la température. Quant à mes pieds, ils ne sont pas au bout de leur peine, le sol étant un revêtement de petits cailloux parfois très pointus. On sert les dents et on tend l’oreille pour essayer de comprendre les instructions de l’arbitre. Heureusement pour nous, certains n’en sont pas à leur premier essai ici et nous traduisent les grésillements du micro.

village trisalagou triathlon

trisalagou natation lac salagou

– Natation –

On y est. On se place dans le paquet de nageurs sur les cailloux et on attend le signal. Plus le temps avance, plus on se regarde avec Chloé et plus on se demande si on ne va pas faire demi-tour. Tout ce monde pressé dans un si petit espace ce n’est pas très rassurant.

3-2-1 Gooooo !!! On court, enfin on essaie. Les cailloux sont franchement douloureux sous les pieds et surtout il y a beaucoup de monde. Certains se jettent à l’eau puis finalement se relèvent. Pas assez de fond. On suit le mouvement mais difficile de savoir où aller. Je me jette dans l’eau qui est à température idéale il faut l’avouer. Mais très vite je me fais piétiner et je me relève pour recourir quelques mètres.

300 mètres c’est peu mais ça peut être vraiment très long quand on est emporté par un courant de nageurs qui se noient les uns les autres. Pendant 8 minutes c’est la lutte. Un mouvement de brasse, une personne qui vous monte sur le dos, une tentative de respirer par-ci, par-là à travers les coups, les algues et cela tout en essayant de ne pas monter sur les autres concurrents à notre tour. Je comprends mieux pourquoi on parle de machine à laver dans les départs des triathlons. On est secoué dans tous les sens et on ne pense qu’à une chose, arriver au plus vite à la bouée suivante.

Première bouée passée tant bien que mal d’autant qu’un petit courant s’est installé pile au niveau du virage. Si on pensait se noyer avant, là c’est encore pire. Je prends mon mal en patience, et je me focalise sur un nageur quelques mètres devant moi avec une combinaison aux manches oranges fluos. Je ne le lâche pas du regard et continue d’avancer en « brasse mémé » car il est toujours impossible de vraiment nager. Juste après la seconde bouée, je me décale vers la gauche et je me retrouve enfin un peu seule. Je réussis à faire 3 mouvements de crawl mais un homme s’approche dangereusement de moi. Je passe donc en brasse et j’avance en espérant qu’il va se remettre dans la bonne direction. Forcément non, il me passe littéralement dessus sans me voir et je me fais couler une fois de plus. Heureusement, il ne reste que quelques mètres et je me remets vite debout. Je peine à courir sur les cailloux mais les 8 minutes à ma montre me donne un petit regain d’énergie. Ouf j’ai sauvé les meubles. Par contre, j’ai perdu ma copine.

Temps officiel : 9’33 (aucune idée d’où le chrono s’est arrêté)

trisalagou depart natation
©onlinetri.com
©onlinetri.com

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– T1 –

Des bénévoles et le public nous encouragent, ça fait du bien d’autant que pour les pieds ce n’est pas de tout repos. Et là, enfin, le tapis rouge ! Je revis de la voûte plantaire et je cours jusqu’à mon vélo. Je double quelques concurrents qui marchent, j’ai l’impression d’être une championne. Depuis le départ, je me répète en boucle mon numéro de dossard. J’ai tellement peur de me perdre dans cet immense parc à vélos… Finalement je le trouve très rapidement. Je jette un oeil derrière moi pour voir si je ne vois pas Chloé. Je mets mes chaussures, mon casque, mes lunettes et mon dossard et je cours jusqu’à la ligne du départ vélo.

Temps officiel : 54″ (Ah oui, j’ai carburé)

– Vélo –

C’est parti mon kiki ! En fait non. Pieds calés j’évite le premier drame. Le gars devant moi peine à décoller, je serre les fesses pour qu’il bouge vite sinon je risque de basculer sur la voiture garée en face de moi. Je n’ai pas assez de vitesse ni de réaction pour déchausser. Ca se joue à quelques secondes mais on est bon. Ouf !

Un coup de pédale, deux, trois. Mais il a quoi mon vélo ? Il est looouuurd, il n’avance pas ! Ah oui, on est directement en pente. Pwouah pas facile comme départ. Je fais tourner les jambes et bois enfin un coup. L’eau est brûlante, beurk ! Après quelques minutes, je réalise que je n’ai toujours pas récupérer mon souffle. Dans l’eau c’était vraiment du grand n’importe quoi, je n’ai pas réussi à nager mais ça m’a pris toute mon énergie. Pourtant, pas le temps de réfléchir, il faut avancer, 8km ça va vite.

C’est la première fois que je roule avec autant de monde et je me rends compte que c’est un vrai bazar. La route n’est pas fermée mais personne ne garde sa droite. Il y a des vélos de partout et je me demande comment doubler. En passant à gauche sur la voie en face ou en doublant par la droite en risquant le repli du vélo de devant ? Finalement, je fais comme tout le monde, je passe où je peux et je me fais doubler en doublant une autre personne qui double aussi en se faisant doubler. Vous ne comprenez rien ? Imaginez moi sur un vélo en train de souffler comme si je n’avais plus d’air, de pédaler avec un vélo qui semble peser 3 tonnes et de me demander si le gars devant se rend compte qu’il gène tout le monde.

Après quelques minutes, la route descend légèrement et je regarde un peu autour de moi. Le paysage est vraiment chouette et je commence à réaliser que j’en suis à la partie vélo (oui, le cerveau tourne au ralenti). Tout le long du parcours se fait entre montées plus ou moins difficile, petites descentes et quelques faux plats. Je double dès que la route s’aplanit, je me fais doubler par ceux que j’ai dépassé dans les montées tout en continuant à en dépasser et dès que ça descend, je suis en mode fusée et je repasse devant tout le monde avec un petit sourire. J’admire les avions de chasse qui roulent à une vitesse assez incroyable sans ralentir le rythme alors que moi je suis passée en petit plateau petite vitesse. Je guette tous les vélos qui passent en espérant apercevoir Chloé mais je ne la vois toujours pas. L’ambiance sur le parcours est chouette. Une fille manque de dérailler en passant sa vitesse dans une pente, ça me fait sourire en repensant à ma mésaventure sur mon premier triathlon.

Petit coup d’oeil à ma montre, il ne reste que 3 kilomètres. Je ne réfléchis pas et je prends un max de vitesse dès que je peux. C’est là que survient la seconde catastrophe évitée. La route n’est pas vraiment lisse, il faut donc être vigilant en descente d’autant que certains virages sont très serrés. J’accélère et me déporte à gauche pour doubler une fille qui roule au milieu de la voie. Un autre vélo a décidé d’en faire autant. Je la joue sécurité, je freine un peu, le laisse passer et lui colle au train. Sauf que cette fameuse fille n’a pas aimé et se décalle devant nous alors qu’elle va moins vite. Et là, survient en face de nous une voiture  ! Le gars pile, je pile, on passe à deux doigts de se prendre l’auto. J’ai le coeur qui bat à cent à l’heure et je peste intérieurement. Le pire c’est qu’elle ne s’est rendu compte de rien et continue de rouler en plein milieu. On la double enfin et on reprend notre course effrénée vers le parc à vélo. Après une nouvelle petite montée, le terrain redescend. J’envoie tout ce que je peux et quand je vois que ça remonte devant, je mets les bouchées doubles. J’arrive en trombe dans la côte. Les vélos que je dépasse me regarde en se demandant ce que je fais et doivent se dire que je suis folle. Je vous avoue que je suis soulagée de voir le haut de la montée, j’aurai eu drôlement honte de devoir relâcher et me faire doubler par tous ceux que je venais de passer. Sans que je le réalise, on est dans la dernière descente. Il y a bien 1 km de virages en descente. Je reste les mains sur les freins, n’étant pas encore hyper à l’aise avec les virages très serrés et les routes à trous. Et là, mince la ligne. Je ne l’ai pas vu avant, je n’ai donc pas pu enlever mes pieds des chaussures. Je descends donc avec et cours tant bien que mal rejoindre mon emplacement.

Temps officiel : 23’50 (Un peu plus long que ce que j’avais prévu mais je ne suis pas trop mal)

trisalagou Parc a velos

trisalagou XS 2017

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– T2 –

C’est déjà terminé. Je n’ai pas encore réalisé que je venais de pédaler. En tout cas, je me rends compte que je n’ai toujours pas récupéré mon souffle. Je pose mon vélo, change de chaussures, prend le temps de boire même si l’eau est bouillante et je jette un nouveau coup d’oeil pour voir si Chloé est dans les parages. Je sais que la course est mon point faible, alors je file.

Temps officiel : 1’42 (beaucoup plus long que la première transition)

– Course –

Les jambes répondent bien. Mon coeur lui est déjà en train de cogner bien fort. Un bénévole avec un tuyau m’arrose, quel bonheur ! L’eau fraîche fait un bien fou. Un pas devant l’autre, je n’ai que 2,5 km à faire, ça devrait être un jeu d’enfant.

Dans ma tête, je me dis que dans 10-12 minutes max je devrais franchir la ligne d’arrivée. Mais ça s’était en théorie. En pratique, c’est beaucoup plus difficile que ce à quoi je m’attendais. Le terrain est parsemé de petites embûches. Des petits ruisseaux, des bosses, du sable… Je ne réfléchis pas, j’avance. Mais plus ça va, moins ça va. Je double quelques marcheurs mais me fait aussi beaucoup dépasser. Je commence à bien peiner après une énième montée qui m’empêche de retrouver ce souffle qui me manque tant depuis que je suis sortie de l’eau. Et là, une petite tape sur l’épaule. Chloé me dépasse. Mon moral en prend un gros coup et je la vois filer à grandes enjambées quand moi je n’arrive plus à avancer. Je marche 3 secondes et j’entends derrière moi un autoritaire « aller devant, tu ne t’arrêtes pas ! ».

Je m’exécute au garde à vous et je repars. Le gars derrière moi me cri (pas méchamment mais assez pour que je file droit sans me retourner) tout le long des derniers mètres qu’il reste. Dernière ligne droite, il me booste pour que j’accélère. Je crois qu’il se cale sur mes pas et a autant besoin que moi qu’on donne tout jusqu’au bout. Je n’ai plus de forces, plus de souffle, mon coeur se ressert mais la ligne est là. Je fonce et je passe ! Sur le chrono j’aperçois 55′. Mais qu’est-ce que j’ai foutu !!

Temps officiel : 14’55 (j’ai le droit d’avoir un peu honte là ?)

trisalagou XS ligne arrivee

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– Sur la ligne d’arrivée –

Dans mon cerveau c’est le cafouillage total : Yihaaa j’ai fini ! Mais qu’est-ce qui m’a pris de vouloir marcher ? Quel bonheur de s’arrêter ! Merci monsieur de m’avoir gueulé dessus pour que je ne lâche rien. Grrr, je me suis fait dépasser par Chloé à 200 m de la fin, pourquoi je ne l’ai pas accroché ? Ahah je suis encore triathlète !!

Et puis enfin, je réalise. J’ai terminé bon sang ! C’était dur, intense, une vraie fournaise mais du fun, de l’adrénaline, de l’entraide et du dépassement de soi.

Je me retourne enfin pour remercier le fameux gars qui m’a ordonné de ne pas m’arrêter et j’aperçois Chloé qui m’attends tout près. Et puis je tilt. L’athlète qui se trouvait derrière moi tout ce temps n’a qu’une jambe valide. L’autre est remplacée par une lame. Si sur le coup, je me suis dis la vache, il assure, c’est seulement un peu plus tard que je me suis vraiment rendu compte de l’exploit qu’il venait de faire. Avec un corps entier je galère mais lui a du nager, faire du vélo et ensuite courir avec une seule jambe. Ca peut paraître bizarre comme réflexion mais je me demande comment il a fait sur le vélo. Surtout, je trouve ça incroyable et ça me donne encore plus la niak de continuer à me dépasser physiquement parce que j’en ai les capacités et les possibilités.

Temps final, 51’30 ! C’est moins que les 55 minutes que j’avais vu sur le chrono (ouf) mais c’est plus que les 45′ qu’on pensait faire. Chloé arrive moins de 30″ avant moi, j’aurais vraiment du m’accrocher. Prochaine fois, il faut vraiment que j’arrive à la coller et ne plus la lâcher quand je la vois. Grosse fierté par contre, on est dans la première partie du classement ! Et on termine même 6 et 7ème de notre catégorie. Pas mal quand même 🙂

trisalagou triathlon salagou arrivee XS

trisalagou arrivee XS

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– A refaire ? –

Bilan : risque de noyade très élevé, deux voitures évitées, une course à pied dans le désert, des pieds blessés mais une envie irrépressible de remettre ça, une organisation du tonnerre, un cadre magique même si en pleine chaleur il peut se transformer en calvaire, une ambiance sympathique et une confirmation que j’aime ce sport ! Ca tombe bien, le 9 juillet on remet ça avec encore plus de distance et encore plus de montées (on aime se faire peur). Vous serez là aussi ?

Une chose est sûre, si l’année prochaine on est dispo on reviendra. Par contre cette fois, on oublie le format XS, beaucoup trop rapide pour qu’on puisse vraiment apprécier chacune des disciplines. Et puis si on veut une médaille, il va falloir s’aligner au départ du L … Y’a plus qu’à s’entraîner !

Des triathlons à me recommander ?
Vous vous lancez quand ?

 A très vite.

4 comments Add yours
  1. Un vrai bonheur de lire ce compte rendu et d’avoir partagé cette course avec toi ! Et le meilleur reste à venir 🙂
    Encore désolée de t’avoir doublé juste avant la ligne d’arrivée, la prochaine fois je te tire !
    Chloé

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